En termes de diversité, les kits en plastique de matériel roulant sont toujours restés en sous-nombre par rapport à leurs homologues en métal, d'abord essentiellement en moulage de bronze, puis en photo-découpe de laiton et plus récemment de maillechort.
A la fin des années 60, France-Trains est fondé par Albert Millet. Les modèles sont en plastique injecté à l'échelle exacte HO. Le catalogue est principalement composé de voitures voyageurs (OCEM, Bacalan, CIWL diverses...). La particularité tient dans l'offre, l'entièreté du catalogue peut être acquise soit en prêt à rouler, soit à monter par l'amateur. Le montage était très aisé avec peu de pièces et aucune peinture supplémentaire n'était requise. Cela permettait de substantielles économies pour l'amateur.
Quelques années après la disparition de France-Trains, dont la gamme aura entre-temps été reprise partiellement par la très éphémère marque Tram par d'anciens de chez Jouef, une nouvelle marque émerge dans le domaine du kit en plastique : Trains Rousseau. Créée en 1984 à Romainville en Seine-Saint-Denis par Rousseau et Baguelin, d'anciens de chez Jouef et Tram. Les modèles sont toujours pré-peints mais sont cette fois de véritables maquettes bien plus complexes à monter. Seuls quelques wagons marchandises verront le jour : couverts OCEM 19, TP à boggies sous forme de tombereaux, plats à bords bas, plats à ranchers ou citernes. Ces wagons sont déclinés sous de multiples marquages anciennes compagnies ou SNCF. Des tombereaux plus modernes à caisse amovible type TH de la SGW, repris de France-Trains sont également au catalogue.
Trains Rousseau prévoyait pléthore de modèles : voitures voyageurs, locomotives à vapeur, motrices diverses et aussi matériel à voie métrique ! Malheureusement l'entreprise aura une courte existence et s’arrêtera en 1987. Le magasin parisien L'Aiguilleur, tenu par Nadia Millet, veuve d'Albert Millet, écoulera les derniers exemplaires. Certains modèles annoncés sortiront chez d'autres fabricants du moment.
Plus récemment, l'artisan Damofer a proposé sa vision du couvert OCEM 19 en kit plastique pré-peint ou à peindre
en 2010.
Le couvert OCEM 19 Trains Rousseau qui est le sujet ici se trouve encore facilement sur le marché de l’occasion aux alentours d'une vingtaine d'euros.
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| Les fameuses "boîtes de construction" Train Rousseau. Le wagon est déjà peint, ne reste que l'assemblage. La boîte est suffisamment épaisse pour contenir le wagon une fois terminé. |
Début du montage, toutes les pièces sont dégrappées au scalpel sur une surface semi-dure (carton de calendrier ou tapis de coupe). Le plastique est assez cassant. De plus, l'épaisseur des carottes d'injection parfois inutilement nombreuses, gêne le passage d'une pince coupe-ras.
Il y a un gros travail d'ébarbage. Pour les zones qui comportent des obstacles, on préfèrera l'utilisation d'une lime afin d'éviter tout dérapage malencontreux...
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| J'ai glissé, Chef ! |
Premier collage à la colle à maquette. Les quatre faces puis le plancher, tout s'ajuste facilement.
Montage des portes latérales avec un défaut majeur du kit : leurs épaisseurs proéminentes. Afin de corriger ce défaut les portes ne seront plus positionnées dans les rails de guidage mais collées aux parois du wagon. Cela nécessite de découper un morceau des rails supérieurs de la toiture et de réduire fortement l'épaisseur des rails inférieurs. L'arrière des portes est également réduit en épaisseur.
Les volets ont aussi eu droit à une petite cure d'amaigrissement.
Comparaison entre un wagon modifié à gauche et d'origine à droite :
On passe au châssis, il y a un peu d'ajustage à faire et une erreur de gravure à corriger. Les deux flancs de châssis étant identiques, les supports de commande de freinage ne se retrouvent pas alignés. Un coup de scalpel et c'est réglé.
Les éléments sont collés directement sous le plancher du wagon. Vu la fragilité des assemblages, je préfère positionner les essieux avant le collage du second flanc de châssis.
Superdétaillage du dessous de châssis à base de fil laiton collé à la cyano : mains d'atteleur sous traverses et tringleries diverses de frein. Il aurait été préférable de percer les éléments avant l'assemblage du châssis. Du coup comme la drille ne passait pas, j'ai chauffé au fer à souder une barre de laiton que j'ai glissé dans les endroits à percer. Cela a plutôt bien fonctionné mais il y a eu quelques dégâts heureusement peu visibles.
Peinture noir mat.
Collage de la toiture avec ce qui traîne à portée de main...
Le wagon reçoit des portes-lanternes AMF87/Damofer (réf. A006). Finalisation du montage par la peinture en marron des rails de guidage, tôles supérieures de porte et les éventuelles retouches de peinture consécutives au dégrappage. La teinte a été obtenue en mélangeant du Revell marron mat 84 à du noir.
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| L'OCEM 19 Trains Rousseau encadré de reproduction LSM et REE. |
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| De gauche à droite : LSM, Trains Rousseau, REE, JCR (kit laiton voir l'article ici) et LSM. |
Ce kit en plastique se monte en quelques soirées et ne demande pas de compétence particulière. Le wagon à une bonne présence et jouit d'une belle gravure pour l'époque. Cependant il soutient difficilement la comparaison avec des productions récentes. Il pourrait facilement être amélioré avec le remplacement des essieux, des tampons, voire des volets mais on s'éloigne alors de la philosophie bon marché du kit.
➤ Documentation couverts OCEM
- Les couverts OCEM 19 et 29 sur DocRail.fr
- Séries - les wagons couverts OCEM 19/29 et État I/II sur patrimoine-ferroviaire.fr
- Ferrovissime n°14 mars 2009 : "Couvert OCEM 19 : l'unification au premier plan" (6 pages) par Aurélien Prévot





































