dimanche 29 mars 2026

Montage de kit plastique : wagon couvert OCEM 19 de Trains Rousseau

En termes de diversité, les kits en plastique de matériel roulant sont toujours restés en sous-nombre par rapport à leurs homologues en métal, d'abord essentiellement en moulage de bronze, puis en photo-découpe de laiton et plus récemment de maillechort.

A la fin des années 60, France-Trains est fondé par Albert Millet. Les modèles sont en plastique injecté à l'échelle exacte HO. Le catalogue est principalement composé de voitures voyageurs (OCEM, Bacalan, CIWL diverses...). La particularité tient dans l'offre, l'entièreté du catalogue peut être acquise soit en prêt à rouler, soit à monter par l'amateur. Le montage était très aisé avec peu de pièces et aucune peinture supplémentaire n'était requise. Cela permettait de substantielles économies pour l'amateur.

Quelques années après la disparition de France-Trains, dont la gamme aura entre-temps été reprise partiellement par la très éphémère marque Tram par d'anciens de chez Jouef, une nouvelle marque émerge dans le domaine du kit en plastique : Trains Rousseau. Créée en 1984 à Romainville en Seine-Saint-Denis par Rousseau et Baguelin, d'anciens de chez Jouef et Tram. Les modèles sont toujours pré-peints mais sont cette fois de véritables maquettes bien plus complexes à monter. Seuls quelques wagons marchandises verront le jour : couverts OCEM 19, TP à boggies sous forme de tombereaux, plats à bords bas, plats à ranchers ou citernes. Ces wagons sont déclinés sous de multiples marquages anciennes compagnies ou SNCF. Des tombereaux plus modernes à caisse amovible type TH de la SGW, repris de France-Trains sont également au catalogue.

Trains Rousseau prévoyait pléthore de modèles : voitures voyageurs, locomotives à vapeur, motrices diverses et aussi matériel à voie métrique ! Malheureusement l'entreprise aura une courte existence et s’arrêtera en 1987. Le magasin parisien L'Aiguilleur, tenu par Nadia Millet, veuve d'Albert Millet, écoulera les derniers exemplaires. Certains modèles annoncés sortiront chez d'autres fabricants du moment.

Plus récemment, l'artisan Damofer a proposé sa vision du couvert OCEM 19 en kit plastique pré-peint ou à peindre en 2010.

Le couvert OCEM 19 Trains Rousseau qui est le sujet ici se trouve encore facilement sur le marché de l’occasion aux alentours d'une vingtaine d'euros.

Les fameuses "boîtes de construction" Train Rousseau. Le wagon est déjà peint, ne reste que l'assemblage. La boîte est suffisamment épaisse pour contenir le wagon une fois terminé.

Début du montage, toutes les pièces sont dégrappées au scalpel sur une surface semi-dure (carton de calendrier ou tapis de coupe). Le plastique est assez cassant. De plus, l'épaisseur des carottes d'injection parfois inutilement nombreuses, gêne le passage d'une pince coupe-ras.

Il y a un gros travail d'ébarbage. Pour les zones qui comportent des obstacles, on préfèrera l'utilisation d'une lime afin d'éviter tout dérapage malencontreux...

J'ai glissé, Chef !

Premier collage à la colle à maquette. Les quatre faces puis le plancher, tout s'ajuste facilement.

Montage des portes latérales avec un défaut majeur du kit : leurs épaisseurs proéminentes. Afin de corriger ce défaut les portes ne seront plus positionnées dans les rails de guidage mais collées aux parois du wagon. Cela nécessite de découper un morceau des rails supérieurs de la toiture et de réduire fortement l'épaisseur des rails inférieurs. L'arrière des portes est également réduit en épaisseur.

Les volets ont aussi eu droit à une petite cure d'amaigrissement.

Comparaison entre un wagon modifié à gauche et d'origine à droite :

On passe au châssis, il y a un peu d'ajustage à faire et une erreur de gravure à corriger. Les deux flancs de châssis étant identiques, les supports de commande de freinage ne se retrouvent pas alignés. Un coup de scalpel et c'est réglé.
Les éléments sont collés directement sous le plancher du wagon. Vu la fragilité des assemblages, je préfère positionner les essieux avant le collage du second flanc de châssis.


Superdétaillage du dessous de châssis à base de fil laiton collé à la cyano : mains d'atteleur sous traverses et tringleries diverses de frein. Il aurait été préférable de percer les éléments avant l'assemblage du châssis. Du coup comme la drille ne passait pas, j'ai chauffé au fer à souder une barre de laiton que j'ai glissé dans les endroits à percer. Cela a plutôt bien fonctionné mais il y a eu quelques dégâts heureusement peu visibles.

Peinture noir mat.

Collage de la toiture avec ce qui traîne à portée de main...

Le wagon reçoit des portes-lanternes AMF87/Damofer (réf. A006). Finalisation du montage par la peinture en marron des rails de guidage, tôles supérieures de porte et les éventuelles retouches de peinture consécutives au dégrappage. La teinte a été obtenue en mélangeant du Revell marron mat 84 à du noir.

L'OCEM 19 Trains Rousseau encadré de reproduction LSM et REE.

De gauche à droite : LSM, Trains Rousseau, REE, JCR (kit laiton voir l'article ici) et LSM.

Ce kit en plastique se monte en quelques soirées et ne demande pas de compétence particulière. Le wagon à une bonne présence et jouit d'une belle gravure pour l'époque. Cependant il soutient difficilement la comparaison avec des productions récentes. Il pourrait facilement être amélioré avec le remplacement des essieux, des tampons, voire des volets mais on s'éloigne alors de la philosophie bon marché du kit.

➤ Documentation couverts OCEM

➤ Documentation Trains Rousseau

lundi 23 mars 2026

Montage de kit laiton : le wagon couvert OCEM 29 de JCR

En pleine Première Guerre mondiale, face aux difficultés à réparer le parc de matériel roulant ferroviaire propre à chaque compagnie, l’Administration des chemins de fer de l'État fit construire par les États-Unis des wagons qui répondaient à un principe d'unification, les couverts État II. Ils circulaient sur les réseaux de l'État, de l'Est, du PLM, du PO et du Midi.

Au Sortir de la guerre, plusieurs compagnies collaborent et créent en 1919 l'Office Central d’Étude du Matériel de chemin de fer (OCEM). L'objectif est de normaliser et d'unifier la construction du matériel roulant entre les différents réseaux de chemins de fer.

En se basant sur les wagons État II, sont créés les couverts unifiés OCEM 19 de 20t et 3,75m d'empattement. Viendront ensuite les couverts OCEM 29, évolution directe des OCEM 19, avec une caisse renforcée, un empattement augmenté à 4,50m suite à la disparition des plaques tournantes de gare et un châssis modifié par l'application du frein continu automatique. Toutes les compagnies finiront par rejoindre l'OCEM et ces couverts circuleront sur l'ensemble du territoire français.

OCEM 29 KKuw en décoration de l’immédiat après-guerre (photo P. Mérard, docrail.fr).

➤ Le kit JCR

Sorti dans les années 80, ce kit JCR reproduit un couvert OCEM 29 reconnaissable par rapport à un OCEM 19 à ses angles de caisse renforcés. Le kit est composé d'une caisse en laiton photo-gravé et d'un châssis moulé d'une pièce en bronze. Ce dernier trahit l'âge du kit et manque un peu de finesse. Détail sympa, les portes sont fonctionnelles.

Le kit au déballage avec la notice succincte sous forme d'éclaté comme pour des maquettes en plastique.

➤ Montage de la caisse

Le montage débute par la caisse formée par pliage, le wagon prend forme très rapidement.

 
 
Les angles de la caisse sont limés pour aplanir les surfaces. S'ensuit la pose des décors, j'ai utilisé une plieuse pour faciliter les pliages des fines ferrures.
 
 
 
Les portes nécessitent une attention particulière afin de les garder fonctionnelles.

Préparation de la toiture avec un pliage délicat, la plieuse MasterTools est de nouveau mise à contribution.


Au chapitre des améliorations, les tampons sont remplacés par des AMF87 bien plus réalistes.


➤ Montage du châssis

Peu de pièces constituent le châssis, la partie freinage repose sur une plaque fixée par une vis centrale. L'écrou est soudé au châssis en s'aidant d'un cure-dent.

Les attelages sont modifiés par l'ajout d'un ressort servant de rappel en ligne droite. Cela a nécessité d'entailler le châssis au disque à tronçonner. Les traverses sont également entaillées pour laisser passer les tenons des tampons soudés à la caisse.



➤ Peinture et finition

L'ensemble des pièces est nettoyé au bac à ultrasons puis décapé dans un bain d'acide Railcolor. La peinture est entièrement réalisée à l'aérographe, apprêt noir, peintures et vernis brillants Railcolor.

Les marquages fournis par JCR sont des transferts à sec mais n'en ayant que la moitié, ils sont remplacés par une planche de décalcomanies AMF87/Damofer d'OCEM19 (réf. D926). C'est l'époque IIIa immédiat après-guerre qui a été choisie. Pour le vernis mat final j'ai utilisé de la Humbrol acrylique en flacon pré-dilué mais cela ne s'est pas bien passé, il a blanchi ! L'utilisation d'un polish pour automobile frotté au coton-tige a atténué l'effet.
La toiture est peinte en tapotant un petit bloc de mousse imbibé de noir mat afin de reproduire la toile bitumée. 

L'OCEM 29 JCR entre des OCEM 19 LSM et Trains Rousseau (modifié, voir l'article ici).
Cette fois entouré d'OCEM 19 LSM et REE.
Le dessous de châssis est suffisamment détaillé, dommage que les supports d'essieux manquent de finesse.
De gauche à droite : LSM, Trains Rousseau, REE, JCR, LSM.

Le montage de ce kit laiton a été un véritable plaisir, la conception JCR est excellente, tout s'ajuste parfaitement avec un minimum de pièces ! 

Pour ne rien gâcher l'aspect final du wagon reste très correct. Il soutient la comparaison avec des wagons OCEM de fabrication récente, du moins pour la caisse.

➤ Documentation

Mise à jour : 30/03/26.

dimanche 27 octobre 2024

Montage de kit : le wagon pupitre Nord AMF87

Peu représenté en miniature, il existe de nombreuses petites séries de wagons pupitre en réalité. Ce type de wagon spécial est destiné aux transports exceptionnels d'éléments hors gabarit pour les wagons classiques. En inclinant le chargement, il peut être plus grand sans engager le gabarit que s'il était à plat ou à l'horizontale. Ils transportent en général de grands panneaux (tôle, parfois verre avant les années 90), objets divers de fortes dimensions (couronne de métal, de béton...) ou des éléments de voie ferrée (rail, aiguillage, voire même plaque tournante de petit diamètre au début du chemin de fer).

AMF87 propose une reproduction en kit d'un modèle ancien de la Cie du Nord, à 2 essieux et avec un équipement de freinage limité. Conçu il y a plus de 10 ans, le modèle est toujours disponible auprès de l'artisan.
Le wagon pupitre d'AMF87 après montage.

➤ Bref historique

On peut lire dans la notice du fabricant que "ces wagons furent construits par la Cie du Nord en 1891, dotés d’un châssis mixte fer/bois et d’un pupitre en bois, ils sont modernisés en 1920. C’est sous cette forme qu’est reproduit le présent modèle. Les derniers exemplaires furent réformés en 1954." 
A l'origine immatriculée Spu 272 à 282 puis Spu 413389 à 413399, il deviennent en 1950, SP 96489 à 96499.
L'équipement de freinage est relativement réduit : conduite blanche de freinage (présence des demi-accouplements de frein) et frein de manœuvre à levier.
 
Le vrai wagon en marquages Nord. Photo collection Peter Fidczuk, source site AMF87.

➤ Le kit AMF87

Le châssis est en laiton photo-gravé et le pupitre en bois véritable, ce qui est un plus indéniable pour l'aspect final. L'assemblage du châssis fera appel à la soudure tandis que de la colle à bois sera utilisée pour le pupitre. Les pièces s'ajustent grâce à un système de tenon/mortaise.

Le contenu du kit.
 
Premières soudures, il est parfois nécessaire d'ajuster les lumières des mortaises avec un foret diamètre 0,5mm faute de quoi les éléments ne s'imbriquent pas correctement. 
 
 
L'étape la plus difficile du kit est sans nul doute la préparation des boîtes d'essieux. Fragiles, elles sont retirées de leur grappe avec une petite scie à métaux. Il faut que les paliers en laiton supportant les essieux coulissent librement à l'intérieur, pour ce faire utiliser une petite fraise montée sur mini perceuse. Les boîtes d'essieux sont ensuite soudées solidement sur le châssis par leurs supports de ressort.
 
Le châssis métal terminé, début de l'assemblage du pupitre en bois.
 
Après dégraissage dans un bain décapant, les mortaises visibles sur le dessus du châssis sont mastiquées au Syntofer. 
 
 
La peinture est entièrement réalisée à l'aérographe, apprêt Railcolor Amf87, peinture noir Humbrol Enamel. Le chevalet est peint en couche épaisse de peinture Humbrol. La pose des décalques nécessite une surface la plus lisse possible, un vernis brillant est appliqué avant pose et de nouveau après. La finition finale est faite en vernis mat (Railcolor). 
 

Vu du dessous, on distingue les pointes d'essieux montées dans des paliers laiton, gage d'un bon roulement. La pause de boîtiers NEM exige la réduction en longueur des longerons internes du châssis.


 
Votre "création" mérite le meilleur ! Réalisation d'une boîte personnalisée sur base Auhagen :
Avec un nombre limité de pièces et un montage très rapide, cela en fait un kit accessible aux débutants. Ce wagon pupitre apportera une touche d'originalité dans vos rames !

➤ Documentation
  • Fiche produit sur amf87.fr : wagon pupitre Nord (réf. K236) (avec notice du kit disponible en téléchargement)
  • Loco-Revue 635 d'avril 2000 : "Wagons pupitres : le défi au gabarit !" par Loïc Fieux
  • Loco-Revue 781 août 2012 : "Le wagon pupitre AMF87" par Aurélien Prévot

dimanche 18 décembre 2022

Lorrys : réalité et reproduction par Bielles87 (kit laiton)

Les lorrys sont des charriots plats de conception souvent simple utilisés pour déplacer du matériel sur les voies ferrées. Très courants à l'époque, ils sont moins utilisés de nos jours face à la mécanisation de nombreuses tâches. Toujours fabriqués, on en trouve chez Geismar, Mecarail ou encore Patry.
 
➤ Quelques lorrys en service
 
Sur un wagonnet de draisine au TPCF : 
 
 


Lorrys de différents types utilisés pour déplacer des châssis de locotracteurs sur le site de la société Patry :
 
Sous un bogie de BB Fauvet Girel.



 
Lorrys au look moderne sous une caisse de BB Fauvet Girel.
 
 
➤ Le kit Bielles87 en HO
 
Il reproduit un lorry Geismar type MA10 (pour traction manuelle, poids max 10 tonnes). Le fabriquant propose d'acquérir les lorrys à l'unité en kit ou montés. Également disponible un plancher à poser sur 2 lorrys. 
 
Le kit est en laiton, facile et rapide à monter. Les traverses sont livrées pré-pliées. La difficulté réside dans la taille des pièces minuscules.
 
Les kits 2 lorrys + plancher tel que livrés par Bielles87.

En quelques soudures l'ensemble est monté et prêt à peindre. Je n'ai pas vraiment suivi les indications du fabriquant qui m'ont paru compliquées pour pas grand chose, les lorrys n'étant pas destinés à parcourir des kilomètres... L'assemblage est fait "à l’œil" avec tout de même une vérification que les supports d'essieux soient bien tous en appui sur le sol.


Après nettoyage, la peinture est faite en plusieurs couches appliquées au pinceau (Humbrol enamel gris satiné n° 125). Je n'ai pas mis d’apprêt, cette peinture étant assez résistante et adaptée au métal. Les essieux sont ajoutés après peinture. Elle est poncée pour souder les axes puis retouchée. Une patine légère est effectuée à la terre à décor.

 
Le plancher n'est pas collé aux lorrys afin de le laisser amovible.
 

Vu l'aspect fortement "banané" de certains dans la réalité, on peut supposer qu'ils sont fréquemment utilisés au-delà de leur capacité maximale de chargement. Qui osera un coup de masse sur son kit pour une reproduction des plus fidèles ?
 
Au final un mini kit bien sympathique terminé en quelques heures, à disposer sur votre décor, sur un vieux wagon ou abandonné aux abords d'une voie... 

 
➤ Liens utiles

Rechercher dans ce blog